Le Printemps de Prague de 1968 met un terme à une époque où une réforme du communisme paraissait encore possible à certains. Cet événement a marqué non seulement l'histoire des peuples Tchèque et Slovaque, l'histoire des pays communistes et du mouvement communiste mondial mais, de manière plus générale, l'opposition entre l'Est et l'Ouest qui a dominé le « court XXe siècle ».
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Cet événement n'est pas un simple « accident de parcours » sur le chemin de la « détente », comme l'ont proclamé à l'époque quelques responsables politiques et diplomatiques occidentaux. Comme l'a constaté à juste titre l'historien français Antoine Marès, on peut même considérer la Tchécoslovaquie comme un « sismographe de l'Europe au XXe siècle ». Pour résumer ce qui se passa entre janvier et août 1968 en Tchécoslovaquie, ce livre prend en compte trois niveaux d'analyse différents : d'abord celui des instances dirigeantes du parti communiste et dé l'État Tchécoslovaques ; ensuite celui des écrivains, des journalistes et des philosophes, c'est-à-dire des véritables promoteurs des changements, assez rapidement rejoints par la population, y compris bar les ouvriers ; enfin celui de l'Union Soviétique et de ses quatre satellites du Pacte de Varsovie qui se rendirent maîtres de la situation et « rétablirent l'ordre » (Milan Šimecka) à l'aide de leurs armées. (4e de couverture)