Introduction : le médecin généraliste aborderait peu la santé sexuelle chez les femmes atteintes de maladies chroniques pourtant plus touchées par les troubles sexuels que la population générale féminine.
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Quel est le ressenti des médecins généralistes concernant l'abord de la santé sexuelle chez les patientes atteintes de maladie(s) chronique(s) ? L'objectif était de connaitre le ressenti des médecins afin de faciliter le questionnement de la santé sexuelle chez ces patientes. Méthode : étude qualitative par théorisation ancrée à partir d'entretiens semi-dirigés de médecins recrutés par échantillonnage raisonné jusqu'à saturation des données. Résultats : La santé sexuelle était peu abordée en dehors du côté préventif. L'appréhension de réaction de la patiente et l'absence de justification pour se préoccuper de ce sujet semblaient freiner les médecins. La maladie chronique constituait un obstacle ainsi que la crainte de l'érotisation. Les médecins souhaitaient des outils et formations pour faciliter l'abord. Discussion : forces : méthodologie rigoureuse avec triangulation des données. Limites : biais de recrutement, biais de réponse et biais de désirabilité sociale. Un futur travail avec un partenariat médecins-patientes pourrait renforcer la rupture de la tautologie autour de l'abord de la santé sexuelle. Conclusion : le médecin généraliste se doit d'évaluer la qualité de vie globale de ses patientes atteintes de maladies chroniques en y incluant la santé sexuelle. Des pistes restent à explorer pour favoriser l'attitude proactive des médecins. La promotion du bien être sexuel des femmes doit être normalisée et cela débute dans nos cabinets de médecine générale.. Introduction: General practitioners hardly discuss sexual health in women with chronic illnesse(s), although those patients are more affected by sexual issues than the general female population. What's the experience of general practitioners when it comes to address sexual health with chronically ill women? The purpose was to comprehend how doctors actually feel in order to make it easier for them to question the sexual health of these patients. Method: Qualitative study using grounded theory based on semi-directive interviews with generalist doctors recruited by purposive sampling until data saturation. Results: Sexual health was rarely addressed beyond the preventive aspect. Their apprehension about the patients' reaction and their lack of justification for being concerned about this particular topic seemed to deter them. Doctors wanted tools and trainings to facilitate these conversations. Discussion: Strengths: Rigorous methodology with data triangulation. Limits: Recruitment bias, response bias and social desirability bias. A future study with a doctor-patient partnership could help break down the tautology surrounding the approach to sexual health. Conclusion: General practitioners must assess the overall quality of life of their chronically ill patients, including their sexual health. Some new paths of improvement shall be explored to encourage a proactive behavior from doctors. The promotion of women's sexual well-being should be normalised and this progress starts within a doctor's office.