Le mot « regardeur » est rare depuis sa réapparition au XIXe siècle et totalement hors du champ de l’art contemporain. L’enquête sur l'emploi du mot révèle une activité solitaire et silencieuse, une pratique experte soustraite à la domination du langage verbal, aux discours savants et à l’ordre social. (site web de l'éditeur).
[...] Aux côtés de la création et de la production d'images fixes, il est une autre pratique, secrète, qui est celle du regard silencieux porté sur elles, une à une. Cet ouvrage est à la fois une dédicace et un manifeste. Une dédicace à celles et ceux qui se reconnaîtront dans cette approche concentrée, solitaire et sans médiation. Un manifeste en ce que, dépourvue de discours, cette activité couve derrière savoirs articulés et domination du langage verbal. Le mot « regardeur » fut mal aimé, rare dès le XIXe siècle puis hors le champ de l'art contemporain, on comprend ici pourquoi, et en quoi l'expérience matérielle des images fixes, émancipée du dire, constitue une liberté, une fronde à l'ère actuelle de la vitesse et de la productivité. (4e de couverture.)